Affabulons à Trumplandia

Mercredi 20 septembre 2017 #9

« J’ai toujours été frappé en Amérique par une pauvreté émotionnelle si abyssale, une peur de la vie et du contact humain si profonds que pratiquement aucun américain ne me semble en mesure de concilier de façon viable, organique, sa position publique et sa vie privée. Cet échec de la sphère privée a toujours eu l’effet le plus dévastateur sur la conduite des affaires publiques américaines et sur les relations entre blancs et noirs. Si les américains n’étaient pas aussi terrifiés par leur moi privé, ils n’auraient pas été aussi dépendants de ce qu’ils ont appelé le problème noir. »  I am not your negro, James Baldwin.

Noir. Des Noirs.

Et si on disait que le monsieur plein de soupe était vide comme une coquille de noix
Et c’est pour ça qu’il est si affreux parce que dedans il n’y a rien
Et si on disait aussi qu’en dessous de sa moumoute léonine
Ce n’est pas plus gros qu’une bille
Et c’est pour ça qu’il est si laid en dedans
Parce qu’une bille c’est tout petit et comme c’est tout petit
Ca se veut grand, alors ça s’étend, et s’enfle et se travaille,
Ca veut des petits pages pour décorer l’ensemble.
Et si on disait que le gros joufflu accumule, accumule,
Et que jamais il ne chante ou ne danse
Il thésaurise, il thésaurise pour combler le vide
Somatise, somatise quand le doux cliquetis de ses pennies ne retentit
Et n’en dort plus, tout attaché qu’il est à son or
Et c’est pour ça qu’il est si vilain parce qu’il ne vibre pas du dedans.
Et si on disait que le type qui éructe, toujours veut se venger
Mais de quoi? Il faut qu’il nous le dise,
De cette grande vacuité qui l’habite?
Et c’est pour ça qu’il est si hideux
Parce que c’est dur d’être tout nu à l’intérieur,
Alors il cherche aventure, jure ses grands dieux que
La raison du plus fort est toujours la meilleure
Et qu’il entend bien nous le montrer tout à l’heure en cent quarante caractères.
Et si on disait que ce vieux larron n’écoute rien
A peine les siens
Et pourtant il entend bien ce cri
«  Le monde court à sa perte »
Mais il ne croit le mal que quand il est venu
Et il continue, continue
Et bataille et bataille, petit caquet qu’il est
Et il faudrait bien qu’il se méfie et n’oublie
Qu’un jour viendra, qui n’est pas loin peut-être,
Oh comme ce serait bien!
Oh oui, comme ce serait bien!
Il ne faudrait pas qu’il oublie que
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.

Aujourd’hui mercredi 20 septembre, je m’en vais relire une petite fable en attendant, oh comme ce serait bien, que ça passe vite.

Noir. Des Noirs.

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